dimanche 9 novembre 2014

Les ailes d'émeraude




Les ailes d'émeraude d'Alexiane De Lys aux éditions Nouvelles plumes



   Cassiopée O'Brien vit dans un orphelinat suite à un accident qui a causé la mort de sa mère. Après douze ans de vie dans cet institution, arrivée à l'âge de dix-huit ans, elle doit prendre sa vie en main et laisser derrière elle tous ses petits frères et soeurs de coeur dont elle s'occupait avec tendresse. Elle part donc affronter le monde seule. Elle gagne sa vie en faisant des petits boulots. Un jour alors qu'elle rentre au motel où elle loge elle se fait agresser par deux voyous. Refusant de se laisser détrousser sans se défendre, la jeune fille au caractère bien trempé et la langue bien pendue ne doit la vie qu'à l'intervention d'un jeune homme ténébreux dont le caractère l'exaspère au plus haut point. Petit à petit, elle va se rendre compte que le jeune homme la suit.


   Lors d'une de leur rencontres houleuses, le jeune homme en question , beau comme un dieu grec lui remet une enveloppe et lui offre un séjour dans un hôtel de grand luxe. Intriguée la jeune fille décide de profiter de l'aubaine. Mais quand elle ouvre l'enveloppe quelque-chose la pique et la rend très malade. A partir de ce moment là, Cassiopée constate des transformations dans son corps. Un jour elle se rend compte que quelque chose de bizarre lui a poussé dans le dos, elle casse cette sorte de cocon pour y découvrir deux ailes vert émeraude. Poursuivie par des hommes lourdement équipés et armées, elle va retrouver le jeune homme qui lui explique qu'elle a été recrutée pour ces capacités par le peuple des Myrmes. N'ayant rien d'intéressant à abandonner et très peu de perspectives d'avenir elle décide de suivre le jeune homme à la rencontre de son nouveau peuple, et à commencer son apprentissage qui va lui apporter de bien intéressantes capacités.



  Le genre fantasy n'est pas du tout ma tasse de thé mais quand j'a vu que l'auteur de ce pavé de sept cents pages était une jeune femme de dix-neuf ans, j'ai été intrigué et curieux et bien m'en a pris car  ce roman est passionnant. Malgré quelques maladresses de style, j'ai été impressionné par la maîtrise de l'intrigue, on est pris dès le début du roman et l'auteure ne nous lâche plus. Un livre plein de rebondissements, d'humour, des dialogues percutants , des personnages attachants. En bref un agréable moment de lecture dont j'attends la suite avec impatience.

lundi 3 novembre 2014

Monsieur mon Amour



Monsieur mon Amour d'Alexandra de Broca aux éditions Albin Michel


     10 Août 1792, à Paris, le peuple prend d'assaut les Tuileries, bien décidé à demander des comptes au couple royal, réfugié là depuis quelques temps. La révolution a un franchi cap supplémentaire, le roi jugé responsable de tous les maux subis par la France, doit répondre de ses actes. Louis XVI, Marie-Antoinette, leurs enfants et quelques fidèles serviteurs et proches  sont emmenés à la prison du Temple. Très vite on refuse au roi et à son épouse le droit de garder leurs serviteurs et amis, seule la famille royale va rester en captivité au Temple. L'entourage du couple est transféré à la prison de la Force en attente d'un jugement qui laisse peu de place au doute.


   Marie-Thérèse Princesse de Lamballe fait partie des proches de Marie-Antoinette, elle est l'amie de la reine et la Surintendante de sa maison. La Princesse, pour meubler le temps qui la sépare de son procès et de sa mort certaine, prend la plume, elle écrit à l'homme dont elle est amoureuse. Elle adresse ses lettres au Citoyen Philippe d'Orléans, cousin du roi, mais qui a fait siennes les idées révolutionnaire et est député du peuple. Elle y raconte son arrestation  se livre à lui,  lui laissant chaque jour, pendant les quinze jours que vont durer sa détention, un témoignage de sa vie, de son amitié avec Marie-Antoinette qu'elle défend bec et ongles contre les critiques dont on l'accable. Elle le supplie tout en restant très digne de lui venir, en aide, de la libérer. Elle termine chacune de ses lettres en appelant Philippe d'Orléans, son beau-frère, cet homme aux moeurs plus que légères dont elle est tombée amoureuse dès son arrivée en France pour se marier,  Monsieur mon Amour.

   " S'il en est ainsi, il me faudra m'humilier davantage pour obtenir ma liberté: vous êtes un chasseur de femmes et certaines des mes amies pleurent encore d'avoir été votre proie. Sauvez moi et je me donnerai à vous pour que vous puissiez accrocher ma chasteté à votre célèbre tableau de chasse. Le prix de ma libération sera le vôtre et s'il faut succomber pour sauver ma vie, je le ferai, mais sachez qu'aucun geste de vous, aucune bassesse, ne m'empêchera de vous aimer. Aujourd'hui, demain et jusqu'à mon dernier souffle."


   Dans ce roman épistolaire, Alexandra de Broca se met dans la peau de cette princesse turinoise, veuve à dix-neuf ans d'un descendant de bâtard de Louis XIV, un être pervers qui lui a fait subir les pires outrages. Elle nous montre un personnage attachant, une femme droite et fidèle en amour comme en amitié. Une femme de convictions, une femme éclairée qui malgré ses idées progressistes, restera fidèle jusqu'au bout à sa reine et aux enfants royaux. Un roman passionnant, poignant où il est question de fidélité, de courage, de justice. Une texte rendu intense par le choix fait par l'auteure d'imaginer cette relation épistolaire unilatérale entre la princesse et celui dont elle est amoureuse et qui pourrait lui venir en aide. Une belle réussite.

Roman à paraître le 6 novembre 2014






 

dimanche 2 novembre 2014

Le dernier secret de Versailles



Le dernier secret de Versailles de Jean-Michel Riou aux éditions Flammarion



  La construction du château de Versailles est terminée. C'est un château à la démesure du roi soleil dont la construction a duré des années, et qui est toujours en travaux d'aménagement, d'amélioration. Un château témoignage de la puissance de roi soleil, le roi bâtisseur, le roi guerrier. Un château immense, magnifique qui aura coûté beaucoup en argent et en vies humaines. Mais qu'est tout ceci comparé au désir de Louis XIV de laisser un témoignage de son règne, de son pouvoir absolu.

   "Versailles est son double, son jumeau. C'est une immense qualité pour un bâtisseur et un terrible handicap pour les autres : le roi veille à tout. C'est peut-être aussi ce qui explique la grandeur de son règne et la fascination qu'il exerce de la base au sommet. A quoi sert un roi? Lui a répondu en cherchant à accorder son rêve de Versailles à celui de son peuple. N'importe quel sujet peut voyager ici, explorer afin de ressentir la fierté d'appartenir à ce royaume car c'est aussi dans l'orgueil que se forme une nation."

  Nous sommes les témoins de la vie, du roi et de la cour, une vie rythmée par l'agenda du monarque qui varie rarement. "Avec un almanach et une montre on pouvait, à trois cents lieues d'ici, dire ce qu'il faisait." écrivait le Duc de Simon dans ses mémoires. La vie de cour nous est présentée dans toute sa vacuité, il faut paraître, se mettre en valeur, une vie occupée à suivre la quotidien du roi, à s'amuser, à comploter, une vie d'oisif.

   "Dans ce monde clos, la moquerie circule vite, de bouche en bouche, pour le plaisir de faire mal, dans l'espoir qu'en blessant le premier on s'évitera d'être touché, et  ce matin, la glose va bon train. Ainsi se nourrit l'oisiveté."

  Nous suivons le destin de Jean Le Faillon et de sa femme Amandine, héritiers de l'entreprise Pontgallet. Amandine, très belle femme qui aura le malheur de plaire au roi et déchaîner la jalousie de Madame Maintenon, son épouse. Amandine va suite à ces événements découvrir l'histoire de sa famille, une histoire qu'on lui a toujours cachée. Cette histoire est intimement liée Versailles, elle est la fille du Roi Noir, ancien roi de la truanderie qui avait mis la ville en coupe réglée et qui a disparu.


  Dans ce roman passionnant l'historie avec un grand H se mêle à l'histoire de ceux qui ont oeuvré à la construction de Versailles, on vit à la fois à la cour du roi et au milieu des architectes et des bâtisseurs. Deux monde bien distincts mais ou règne la même ambition, la même rouerie. Avec Le dernier secret de Versailles, Jean-Michel Riou signe le dernier volet de sa quadrilogie sur Versailles. Un roman rythmé qui peut se lire sans avoir lu les précédents, tant les retours en arrière sont présents. Un roman très documenté, ce qui ne gâche en rien l'intrigue au contraire.

Roman à paraître le 5 novembre



lundi 27 octobre 2014

L'homme de la montagne



L'homme de la montagne de Joyce Maynard aux éditions Philippe Rey


    Rachel (la narratrice) et Patty sont deux soeurs,  elle vivent dans un lotissement poétiquement nommé "Cité de la splendeur matinale" avec leur mère. Leur père, l'inspecteur Toricelli, charmeur invétéré, amoureux de toutes les femmes, a été mis à la porte par sa femme fatiguée de ses incartades. Les deux soeurs sont livrées à elles-mêmes car leur mère dépressive passe tout son temps libre dans sa chambre à lire des livres empruntés à la bibliothèque. Les deux adolescentes vivent donc en  toute liberté, s'inventant des jeux dans la  montagne, et passant leurs soirées dans la cour des voisins pour profiter de l'image de leurs postes de télévision. Rachel est pleine d'imagination, elle rêve de devenir écrivain, Patty quant à elle est sportive, elle a un don pour le basket et est passionnée par les chiens. En quelque sorte ces deux inséparables sont la tête et les jambes d'un même corps.


  Mais bientôt, les jeux, la vie des deux soeurs vont être perturbés. Des corps vont être découverts dans la montagne, des corps de femmes, nus mises à genoux en position de prière, une bande de rouleau adhésif collées sur les yeux. C'est le détective Toricelli qui va être chargé de l'enquête. Les deux jeunes filles vont vouloir à leur façon aider leur père à résoudre l'enquête, aider ce père qu'elles aiment et qu'elles sentent en difficulté.


   Ce roman est plus un roman sur l'adolescence, l'apprentissage qu'un véritable thriller. La vie des deux jeunes filles leurs questionnements, leurs aspirations, leurs réactions devant leur corps qui change ou qui tarde à changer, leur vision du monde sont  analysés et  décrits avec beaucoup de finesse.

   "La fille de treize ans déteste sa mère. Adore son père. Déteste son père. Adore sa mère.
     Alors quoi?
     Les filles de treize ans sont grandes et petites, grosses et maigres. Ni l'un ni l'autre, ou les deux à la fois. Elles ont la peau le plus douce, la plus parfaite, et parfois, en l'espace d'une nuit, leur visage devient une sorte de gâchis. Elles peuvent pleurer à la vue d'un oiseau mort et paraître sans coeur à l'enterrement de leurs grands-parents. Elles sont tendres. Méchantes. Brillantes. Idiotes. Laides. Belles."


   L'amour inconditionnel qui unit ses deux soeurs est touchant émouvant,. L'enquête policière ne joue qu'un rôle de catalyseur, elle exacerbe toutes les émotions de ces deux êtres en construction. Une construction à l'ombre d'un père qui du statut de héros tombe dans la déchéance suite à ces échecs dans sa traque de l'homme de la montagne. Un père idéalisé qui va chuter de son piédestal sans pour autant perdre l'amour de ses filles, mais un amour qui deviendra plus lucide.


   La seule critique que je pourrais faire à ce roman est sur sa fin. Une fin rocambolesque, tirée par les cheveux comme si l'auteure avait été pressée par les délais. Mis à part ce bémol, j'ai beaucoup aimé ce roman au style simple, efficace, tendre quand il décrit la relation des deux soeurs et  qui devient envoûtant dans les descriptions de ces paysages de montagne effrayants et si attirants. Un mont Tamalpais qui habite littéralement ce roman. Sans cette fin bâclée ce roman aurait été un coup de coeur.





 




samedi 25 octobre 2014

Rouen 1203




Rouen 1203 de Jean d'Aillon aux éditions Flammarion


   Le roman se déroule entre 1201 et 1203 et nous fait voyager en Terre Sainte lors des croisades, puis en France pour se terminer à Rouen. Aliénor d'Aquitaine tour à tour reine consort de France puis d'Angleterre, vit retirée à Fontevrault. Entendant parler d'une relique exceptionnelle disponible à l'achat en Terre Sainte, elle décide d'envoyer une expédition pour l'acquérir. Le Maçon, jeune clerc érudit et à l'ambition démesurée prend part à cette expédition et profite d'une épidémie de peste sur le bateau pour prendre la tête de l'expédition. Il n'aura de cesse de prendre possession de la relique et de l'apporter lui-même à sa reine!


   Cette expédition a lieu sur fond de guerre acharnée entre Philippe Auguste roi de France et Jean sans Terre, roi d'Angleterre, son vassal rebelle, fils d'Aliénor. La lutte va faire rage pour cette précieuse relique entre ceux qui la veulent pour des raisons religieuses et ceux qui, comme Jean Sans Terre  souhaitent l'acquérir pour faire fortune ou asseoir leur pouvoir.


   De retour d'une précédente aventure Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, héros récurrent des romans de Jean d'Aillon, se trouve à Marseille quand un bateau accoste, un bateau venant de terre sainte. Persuadé d'y trouver des hommes d'armes pouvant l'aider à regagner sereinement son fief, Guilhem guette le débarquement. Il engage plusieurs hommes dont l'un est porteur de la relique. La petite troupe est suivie par Le Maçon toujours déterminé à mettre la main dessus. Il attendra l'arrivée au fief de Guilhem pour attaquer le détenteur de la relique qui n'est autre que le linceul du Christ. Guilhem d'Usuel poursuivra l'assassin jusqu'à Rouen pour venger ses hommes.


   Ce roman nous plonge dans une période troublée dans laquelle,  comme souvent la religion, les symboles religieux, la superstition qui en découle, jouent un très grand rôle. Jean d'Aillon nous fait voyager d'escarmouches en batailles, à travers ce début de siècle, entre Terre Sainte et France. Le lecteur est plongé dans cette période, il assiste à toutes ces aventures comme si il  y était. Un roman passionnant au rythme haletant, une atmosphère politique et sociale superbement rendue, une attention permanente au détail voilà les marques de fabrique des romans de Jean d'Aillon qui encore une fois nous régale. Ce roman fait partie d'une série, mais nul besoin d'avoir lu les précédents pour apprécier l'histoire. Je découvrirai les autres aventures de ce chevalier troubadour avec un grand plaisir.




 

vendredi 24 octobre 2014

A + 2


A + 2 de Sophie Schulze aux éditons Léo Scheer 



   Dans ce récit inclassable, Sophie Schulze nous parle d'elle, de son identité. Elle nous raconte sous trois angles différents mais qui se rejoignent, ce qui fait l'identité, le poids des origines sur une vie. Dans ce texte oscillant entre philosophie, histoire et poésie, l'auteure nous raconte tout ce qui l'a forgée, ce qui a fait d'elle la personne qu'elle est, une personne qui a dû démêler le vrai du faux dans une histoire familiale trouble.


    La première partie du récit intitulée Personnalité juridique, porte sur notre identité légale, notre état civil, incarnée par nos papiers d'identité. Ces papiers si importants, qui si on les perd peuvent nous causer bien des tracas, surtout quand on voyage. L'auteure, ne parvenant pas à se fixer dans un métier précis ni dans une zone géographique, perd un jour ces papiers. Elle en vient à être retenue à l'aéroport n'ayant aucune preuve de qui elle est , de sa nationalité.


    Dans la deuxième partie : Personne morale, la narratrice nous raconte ses études de philosophie, s'interrogeant en particulier sur la philosophie du totalitarisme. Puis elle décide de tout arrêter pour devenir juriste, une juriste qui s'occupera des sans-papiers, on revient à la notion d'identité.


   Dans la troisième partie, la plus forte et la plus émouvante on retrouve notre auteure en visite à Auschwitz et à Birkenau. Dans cette partie traitée avec émotion et poésie, la poésie pour décrire l'horreur, l'auteure nous révèle qu'elle n'est pas descendante de déporté comme on aurait pu le penser mais qu'elle est la petite fille d'un tortionnaire nazi. Dans cette partie elle se libère de ce poids qu'elle traînait depuis si longtemps.


   Sophie Schulze nous livre ici un récit parfois déroutant par sa chronologie parfois aléatoire et par sa construction thématique dans les deux premières parties. On est intrigué par cette voix qui la fustige, qui la malmène en permanence, cette voix intérieure qui ne lui parle qu'en allemand. Un récit déroutant donc mais très émouvant car cette construction qui peut paraître touffue, fait ressortir le poids que l'auteure a sur les épaules, elle porte en elle la culpabilité de son grand-père. Un récit dans lequel il faut entrer mais qui se révèle au final passionnant et émouvant. Dans cet acte de contrition pour des actes qu'elle n'a pas commis, elle se libère du poids de son passé pour prendre en main sa vie.

    "Seigneur
     Je te promets 
     De l'avouer
    De dire la vérité
    De mes origines
    Quel que soit ton prix"



mardi 14 octobre 2014

Dans le jardin de l'ogre



Dans le jardin de l'ogre de Leila Slimani aux éditions Gallimard



     Adèle a tout pour vivre une vie de rêve,  elle est journaliste, mariée à Richard un chirurgien, ensemble ils ont un petit garçon, Lucien. Mais Adèle a une vie cachée, une vie dans laquelle elle n'est plus la jeune journaliste sage, l'épouse du chirurgien ou la mère de famille. Dans cette autre vie, Adèle multiplie les aventures, des histoires qui durent parfois un mois, une semaine, quelques heures. Cette autre vie qui pourtant ne la satisfait pas prend de plus en plus de place, elle prend de plus en plus de risques.


     Pourquoi une femme comme Adèle, s'est-elle marié? Pourquoi s'est-elle enfermée dans cette petite vie bourgeoise? Pourquoi a-t-elle fait un enfant :


     "Adèle a fait un enfant pour la même raison qu'elle s'est mariée. Pour appartenir au monde et se protéger de toute différence avec les autres. En devenant épouse et mère, elle s'et nimbée d'une aura de respectabilité  que personne ne peut lui enlever. Elle s'est construit un refuge pour les soirs d'angoisse et un repli confortable pour les jours de débauche."

   Adèle n'est pas satisfaite de cette vie, elle sait que son addiction au sexe est maladive. " Elle s'était dit qu'un enfant la guérirait!" Un accident immobilisant son mari va faire prendre conscience à celui-ci de la situation, il va essayer de guérir sa femme en partant vivre à la campagne. L'éloigner de la ville pour l'éloigner da la tentation.

   
    Dans ce premier roman sur le thème de l'addiction sexuelle au féminin, Leila Slimani a su déjouer les pièges qui peuvent se présenter quand on veut traiter un tel sujet. Elle a su éviter l'ornière de la pornographie et ne pas tomber dans le roman érotique. Nous assistons à la descente aux enfers d'une femme victime de la surenchère de l'addiction. Un portrait sans concession mais sans jugement, sans voyeurisme malsain. Un beau portrait de femme luttant contre ses démons et essayant de s'en sortir.  Un personnage à la fois attachant et déroutant. Un premier roman réussi.