mercredi 4 novembre 2015

Le petit livre rouge des meilleurs voeux



Le petit livre rouge des meilleurs voeux de Martine Magnin chez Estelas Editions




   D'ici quelques semaines, les meilleurs voeux vont fleurir dans nos boîtes aux lettres, dans nos conversations avec des amis, des gens que nous croisons, de parfaits inconnus, ils vont se multiplier dans nos boîtes mail, c'est la tradition. Mais cette tradition a-t-elle encore un sens ?  Ces gens qui nous présentent leurs meilleurs voeux, que nous souhaitent-ils ? Savent-ils seulement ce que nous souhaitons ? C'est le caractère automatique et pour tout dire artificiel de cette tradition qui a amené l'auteur à s'interroger sur les voeux.

     "  Les vœux s’échangent, mais ne changent rien. Cette habitude banalisée m’agace. Pour moi, les mots sont importants. Pourquoi dire n’importe quoi à n’importe qui, sous prétexte que c’est la coutume, si cet usage est vide d’intentions, d’attentions et de contenu et uniquement consensuel ? »


   Dans ce petit livre rouge, Martine Magnin, en bonne fleuriste est allée à la cueillette des ces fleurs d'espèces différentes.  Elle a fait un appel au voeux. Plus qu'à une tâche de fleuriste, c'est à un travail de botaniste qu'elle s'est attelée. Elle a répertorié ces souhaits par catégorie, les a analysés, s'est interrogée sur ce que les gens se souhaitent pour eux-mêmes et pour leurs proches. Le résultat est surprenant et tend à rassurer sur l'âme humaine. Finis les souhaits d'extrême richesse, les voeux s'orientent vers le bien vivre, vers un monde meilleur, vers l'être plutôt que le paraître. 

   « Un poète anonyme rêve pour nous d’un monde meilleur où il ne ferait ni trop chaud, ni trop froid. Il imagine un monde parfait sans haine ni guerre, sans violence ni discrimination, un monde idéal où l’on ne connaîtrait ni la faim, ni la soif, ni la pauvreté ni le malheur.
Ce monde idéal et impossible, égalitaire et neutre, où même la pluie, j’imagine, aurait le bon goût de tomber la nuit sur les récoltes, serait aussi, et peut être pas si grave, un monde qui rendrait ridicule et vain les passions, les désirs, les frontières, les bulletins météo quotidiens, les journalistes, les médecins, la monnaie. Dans cet Eden de faibles émotions, sans transgression ni compétition, serait-il possible aux écrivains d’inventer de façon crédible la moindre tragédie, le plus petit crime, ou même la plus infime intrigue amoureuse ? Quid des artistes maudits qui ne peuvent créer que dans le désespoir, des tragédies grecques ? Serions-nous heureux ou anesthésiés ? »



   Dans la deuxième partie du livre elle applique la même méthode pour une autre tradition de la nouvelle année : les bonnes résolutions, ces déclarations d'intention bien souvent oubliées dès la fin janvier.

   Cette analyse passionnante, qui en dit long sur les aspirations de nos contemporains, c'est un vrai travail de sociologue mené avec toute la tendresse, la bienveillance, l'humour et la vigueur qu'on retrouve dans tous ses livres. Alors en cette fin d'année plutôt que de présenter des voeux vides de sens, offrez plutôt Le petit livre rouge des meilleurs voeux et lisez le vous-même, vous passerez un excellent moment tout en ayant une photographie très parlante de notre société et de ses aspirations.

  Je vous cite ici le plus beau voeu qu'elle a reçu, un de ceux qui me touchent le plus, cela ne vous étonnera pas.

   «  « mon souhait, c’est l’apparition quelque part chez moi d’un clone de la Bibliothèque Nationale avec une chaise longue et suffisamment de bière pour tenir jusqu’à ma mort ». »


   
   

vendredi 30 octobre 2015

Rencontre avec Thierry Berlanda



Rencontre avec Thierry Berlanda


 



Les lectures du hibou et Le Biscuit Café Créatif vous invitent à un rencontre avec

Thierry Berlanda



Le 14 novembre 2015 au Biscuit à Neuville sur Saône à partir de 15h, mais laissons lui la parole : 


Voci mes chroniques sur L'insigne du boiteux et La fureur du Prince :






Voici également la page du  Biscuit :


Venez nombreux !!!

jeudi 29 octobre 2015

La petite interview de Garance Terrere



La petite interview de Garance Terrere


   Lors de mon passage à Paris, Garance Terrere a gentiment accepté de me recevoir et de répondre à quelques questions.

















Voici la vidéo de l'interview.

https://www.youtube.com/watch?v=chQwSfOOhYg

Un grand merci à Thaïs Avy pour la vidéo !




Si vous voulez en savoir plus voici ma chronique sur le roman :
http://leslecturesduhibou.blogspot.fr/2015/06/la-grande-interview-dun-petit-rien.html







jeudi 8 octobre 2015

Rencontre débat



LE ROMAN AUJOURD'HUI

RENCONTRE DÉBAT



5 auteurs 1 éditeur





Jessica Nelson
Tandis que je me dénude (Belfond)
Carole Declercq
Ce qui ne nous tue pas ...(Terra Nova)









Martine Magnin
Les larmes des saules (Estelas)

Thierry Berlanda
L'insigne du boiteux
La fureur du Prince (La Bourdonnaye)

Anne-Véronique Herter
Zou ! (Michalon )


VENDREDI 23 OCTOBRE DE 17h à 19h

Salon du livre et papiers anciens

Espace Champerret, Paris 17ème

Rencontre débat organiséé par


 

En partenariat avec la librairie La Manoeuvre
58, rue de La Roquette, Paris 11ème 


Lien pour l'événement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/172860609719845/



lundi 5 octobre 2015

Rencontre avec Carole Declercq



Rencontre avec Carole Declercq 


















   Les lectures du hibou de Le  Biscuit Café Créatif, vous invitent à une rencontre avec Carole Declercq autour de son roman Ce qui ne nous tue pas..., paru récemment chez Terra Nova, le 7 novembre à 15h à Neuville sur Saône. Mais laissons la parole à Carole.

https://www.youtube.com/watch?v=Rhujd2hr6B0


   Pour en savoir un peu plus sur le roman, voici ma chronique : http://leslecturesduhibou.blogspot.fr/2015/09/ce-que-ne-nous-tue-pas.html

  Et voici la page Facebook du Biscuit: https://www.facebook.com/Le-Biscuit-Café-Créatif-277877318910772/?fref=ts où vous trouverez l'adresse et toutes les indications pour venir!



  Lien pour l'événement Facebook sur lequel vous pouvez vous inscrire : https://www.facebook.com/events/973852999327240/

 Ce qui ne nous tue pas... a été classé dans le  top 20 des romans de la rentrée littéraire par le magazine livre hebdo, magazine professionnel pour les libraires.







   Venez nombreux !!!!

Rencontre Pascal Marmet



Rencontre Pascal Marmet






Les lectures du hibou et Le Biscuit café créatif sont heureux de vous inviter à une rencontre avec Pascal Marmet  qui viendra nous présenter son dernier roman Tiré à quatre épingles.























  Venez nombreux découvrir Tiré à quatre épingles et son auteur dans une atmosphère conviviale


Le samedi 31 octobre de 15h à 17h
Au Biscuit Café Créatif à Neuville sur Saône

  
Voici ma chronique sur Tiré à quatre épingles : http://leslecturesduhibou.blogspot.fr/2015/08/tire-quatre-epingles.html

Et le trailer réalisé pour le livre : https://www.youtube.com/watch?v=7BHaGAXmQJU

Vous trouverez toutes les coordonnées du Biscuit sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/Le-Biscuit-Café-Créatif-277877318910772/timeline/


Venez nombreux, nous vous attendons !

Un événement Facebook a été créé, vous pouvez vous  y inscrire : https://www.facebook.com/events/982391375117364/

jeudi 1 octobre 2015

L'illusion délirante d'être aimé



L'illusion délirante d'être aimé de Florence Noiville aux éditions Stock (Rentrée littéraire 2015)


   Laura Wilmote est animatrice d'une émission sur une chaîne culturelle. Cette femme par ailleurs avare de mots, tant elle les aime, se réalise pleinement dans son métier. Elle est experte dans l'art de l'interview. Elle parvient à se glisser dans la personnalité de ses invités et à leur faire révéler des parcelles d'eux-mêmes. Elle file le parfait amour avec Eduardo, un homme d'affaires mexicain. Le jour où elle retrouve C., son ancienne amie de prépa, un grain de sable va venir s'immiscer dans l'engrenage jusque là sans ratés de son existence.

   La première alerte a lieu quand C. s'est présenté devant elle habillée comme elle en lui disant : "Je me suis habillée en toi". Lisa comprend vite que quelque chose ne va pas chez son amie. C. se fait de plus en plus présente, envahissante, elle annexe petit à petit toutes les parties de sa vie. Au travail d'abord, puis dans la sphère amicale et familiale. Lisa parle de ses doutes à  PH, un psychiatre. Il lui fait découvrir le syndrome de Clérambault, pathologie mise en lumière par le professeur du même nom. Clérambault l'appelait aussi l'illusion d'être aimé.  PH lui conseille de prendre ses distances avec C., car de cette maladie on ne guérit pas, les symptômes ne font que s'accentuer.  Pourtant Lisa décide de passer outre ses avertissements. Le sujet passionne la romancière qu'elle est par ailleurs. 

    "Dans mon carnet à élastique noir, je recopie cette formule : Illusion Délirante d'Être Aimé.  IDEA. Idée. Fixe. Inextirpable. Je joue avec ces lettres comme au Scrabble.
      IDEA. Incompréhension. Destruction. Exaspération. Angoisse... Impuissance Dépossession Emprise Aliénation... Et dans le même temps chez moi : Intérêt (intellectuel). Désir (d'en savoir plus), Enthousiasme (de tenir un bon sujet). Ambiguïté (vais-je m'y brûler les ailes?). Bref, Impression Déraisonnable d'Être Ailleurs (au-dessus du danger)."


   L'emprise de C. sur Lisa s'accentue en effet. D'appels téléphoniques en harcèlement constant, C. va prendre toute la place dans la vie de la narratrice. L'obsession de C. contamine Lisa. Elle ne parvient plus à penser à autre chose qu'à la mainmise que C. a sur elle.  Lisa se sent dépossédée d'elle-même.

  C'est bien à une descende aux enfers que nous assistons. Lisa en ne respectant pas les conseils de PH, donne du grain à moudre à l'illusion de C.. Elle se sent d'ailleurs un peu coupable, ne l'aurait-elle pas encouragée dans son délire ? Lisa est peu à peu chassée de sa propre vie par cette prédatrice.

   "Reprendre mes esprits. J'essaie de m'expliquer - pour mieux lui expliquer? -ce qui dans le comportement de C., me cause une telle angoisse. Luc a peut-être mis le doigt sur le fond du malaise : l'idée d'être exproprié(e) de soi-même, mis(e) hors de soi. Pensé(e) par autrui."

  L"illusion délirante d'être aimé nous immerge dans le syndrome de Clérambault. Ce roman  nous en explique les rouages, les effets qu'il a sur l'objet (la victime, Lisa) mais aussi sur la malade, C. La descente aux enfers de Lisa  est parfaitement rendue, le rythme du texte est vif, la succession de très courts paragraphes renforce cette impression de chaos, de désordre dans la vie de Lisa. Une vie hantée par C..  Un roman passionnant, glaçant. Avec ce livre, j'ai découvert avec beaucoup de plaisir la plume de Florence Noiville. 

   "Le désordre des êtres est il vraiment dans l'ordre des choses ? De grands malades vivent parmi nous. Des psychotiques qui ne se contentent pas d'être fous mais feignent d'être normaux. Pour le commun des mortels, ceux qui n'en sont pas victimes, aucun symptôme n'est perceptible. Nous côtoyons ces désaxés sans y prendre garde. Il arrive qu'ils exercent des responsabilités. Il arrive même que nous les trouvions sympathiques. Jusque au jour où tout se détraque."