jeudi 11 décembre 2014

Noces de verre



Noces de verre de Philippe Routier aux éditions Stock



   
  Khadija, jeune fille d'origine marocaine a grandi en banlieue parisienne dans l'atmosphère de l'épicerie familiale. Elle a aimé son enfance choyée, rythmée par le contact de la clientèle. Khadija a grandi, sa mère est morte et son père a décidé de retourner au pays tenter sa chance. La jeune femme se retrouve donc seule et doit prendre sa vie en main. Un jour à la laverie automatique, elle rencontre un  jeune homme. Elle tombe sous son charme, attirée par cette impression de force et de solidité qui se dégage de lui. Très vite les deux jeunes gens tombent amoureux et décident de se marier.


   Pour fonder leur famille, les deux tourtereaux décident de déménager dans la région de Cahors, région d'origine de Virgile. Ils se rapprochent de la famille de Virgile. La vie de Khadija tombe très vite dans l'horreur. Elle découvre rapidement le vrai caractère de son mari, violent et pervers. Ils vivent dans une maison isolée et elle sait qu'elle ne peut attendre aucune aide de ses beaux-parents qui n'on jamais accepté le mariage de leur fils avec une étrangère. Virgile frappe sa femme à la moindre occasion et contrôle complètement son existence.


 "Virgile avait isolé sa femme, à qui il ne concédait  que deux espaces libres : le mas et le Vival Casino.
   Il contrôlait sa vie, bornée par deux bourgs engourdis."


     Dans ce roman, la violence conjugale est analysée,  avec précision, froideur. L'auteur rapporte les faits,  il les dissèque. On assiste à l'évolution des réactions de la jeune femme à la violence physique et morale que lui fait endurer à son mari. D'abord elle l'excuse, puis elle accepte son sort sans savoir quoi faire, enfin c'est quand elle sent son fils en danger qu'elle décide de réagir.  Les noces de verres est un roman passionnant qui se lit d'une traite. Le style précis, sans fioritures de l'auteur donne au roman un réalisme qui donne froid dans le dos. Un roman efficace, sans pathos, la description d'une situation malheureusement assez courante.


   "Il se mit à penser à la gifle qu'il avait donnée à sa femme. Il comprenait mal pourquoi il s'était laissé aller à ce geste et se demandait s'il devait en éprouver du remords. Il avait entendu dire dans une émission de télévision q'un homme sur dix frappait sa compagne. C'était donc une multitude, et la multitude ne pouvait pas être composée que de sales types."


   

2 commentaires:

  1. Super chronique Hibou!!!! Merci pour le partage :)

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  2. Merci à toi Leeloo pour le retour! Des bisous de hibou sur tes deux joues!

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