mardi 8 mars 2016

Allô Papi ici la Terre



Allô Papi ici la Terre de Cécile Alix aux éditions Magnard Jeunesse


Youn a huit ans. C’est un petit garçon plein de vie qui adore faire le pitre, raconter des histoires. Son papi l’a surnommé Youn l’oiseau clown. Un soir, alors qu’il dîne en famille, ses parents reçoivent un coup de téléphone : son papi vient de mourir.


Tout s’effondre dans le petit monde de Youn. Son papi qu’il aimait tant, avec qui il faisait tant de choses n’est plus là. Youn est inconsolable et il se pose beaucoup de questions. Il n’ose pas les poser car il voit bien que ses parents et sa mamie sont aussi tristes que lui. Il voudrait tellement comprendre ce qu’est la mort, pleurer avec eux, mais personne ne parle, sans doute est-il trop petit.

« Ça m’énerve d’être là. Je ne me sens pas petit, j’ai eu huit ans en janvier ! Si on prend le temps de calculer, ça fait 2948 jours d’existence en comptant les années bissextiles. Ce n’est pas rien, quand même ! J’aurais voulu aller aux obsèques, moi aussi. Pour comprendre ce qui arrive quand on est mort. Pour regarder comment c’est. Si c’est vrai qu’il y a un cercueil. Si c’est sûr que Papi est mort. Pour lui dire une sorte d’au revoir. Je voulais tenir la main de mamie parce que ça doit être horrible pour elle de ne plus avoir son mari. Même après toutes ces années passées ensemble, ils s’aimaient encore, ça se sentait, il y avait une lumière d’amoureux dans leurs yeux quand ils se regardaient. Je crois surtout qu’aujourd’hui, je voulais pleurer avec les autres. J’aurais dû le dire à mes parents. »

Youn se sent exclu de la tristesse des autres. Il se tait. Sa douleur et ses questions tournent en boucle dans sa tête. Il voudrait tellement pouvoir encore parler à son papi, lui poser des questions pour savoir où il est. Il va lui écrire des lettres sur un cahier pour lui demander de lui envoyer un signe.

Dans ce livre Youn nous raconte toutes ses souffrances, tout ses questionnements, sa peur de poser des questions pour ne pas ajouter de la douleur à ceux qu’il aime et qui souffrent aussi. Tôt ou tard, les enfants sont confrontés à la mort. Pourquoi ne pas leur en parler sans tabou, expliquer les choses pour qu’ils puissent affronter la peine plus sereinement. Mais nous, les adultes, sommes nous bien au clair avec la mort, la perte d’êtres chers. Il n’est pas facile de parler de la mort, on n’en sait pas grand chose mais parlons-en à nos enfants. Disons leur que nos chers disparus continuent de vivre en nous.

Dans ce court roman, c’est ce que nous invite à faire Cécile Alix. Elle le fait avec beaucoup de tendresse, de poésie et d’humour. Je vous invite à faire lire ce livre à vos enfants, à le lire vous-mêmes et à en discuter en famille. Ce très beau livre m’a beaucoup touché.

« Allô mon petit papi ? C’est encore Youn.
A ton avis, est-ce-que la mort, c’est une fin ?
Je déteste quand les histoires finissent mal comme ça.
Papi, j’ai le moral dans les pantoufles. Il ressemble à un yoyo cassé, il ne monte pas très haut et il redescend trop longtemps.
C’est comme si j’était au bord d’un grand puits au milieu du désert. J’ai  l’impression de tomber sans pouvoir m’accrocher à quoi que ce soit et sans que personne puisse venir me sauver.
J’ai le vertige du manque de toi.
Papi, je t’aime tant.
Youn »

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