vendredi 27 mai 2016

Kyrielle Blues



Kyrielle Blues de Biefnot-Dannemark aux éditions Le Castor Astral


C’est un voyage qu’elle ne veut pas faire mais elle n’a pas le choix. D’ailleurs ce trajet de neuf cents kilomètres, elle le fait en voiture, comme pour se laisser une chance de faire machine arrière. Pour la deuxième fois en peu de temps, Nina doit se rendre de Bordeaux à Hazebrouck dans le nord. La première fois c’était pour l’enterrement de Teddy, son père, jazzman de renom. Cette fois, c’est pour la lecture de son testament. Nina ne veut rien d’autre que la présence de son père mais ce n’est plus possible.

« Je ne veux rien, tu le sais, je ne veux rien, en tout cas rien de ce que pourrait me donner ce notaire. Je voudrais juste que tu t’asseyes au piano, que tu me fasses un clin d’œil et que tu te mettes à jouer « In a Sentimental Mood »et que je sourie malgré les larmes qui me montent aux yeux, chaque fois, chaque fois… »

Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’elle roule vers une surprise de taille. Cette dernière rencontre avec son père, avec ses mots va bouleverser sa vie, comme celle d’Antoine de Laval, le notaire, ami et dernier élève de son père. C’est la révélation d’un secret qui l’attend, un secret qui va remettre en cause leur passé, chambouler leur présent et illuminer leur avenir, s’ils le veulent bien, s’ils en ont le courage.

Antoine va en faire des voyages entre Hazebrouck et Bordeaux, des liens vont se tisser entre lui et Nina, et Kathy, la lumineuse Kathy, la meilleure amie de Nina. Ces trois solitudes vont se trouver liées par le souvenir de ce Teddy si absent et pourtant si présent et par sa musique, celle à qui il a voué sa vie, délaissant pour elle les gens qui l’aimaient. Mais ce n’est pas si simple.

Ce voyage entre Hazebrouck et Bordeaux, entre le froid et la douceur, entre l'ombre et la lumière, entre le Blues et la joie, entre la solitude et l’amour, nous le faisons avec les personnages, bercés par la musique de Teddy, ces standards de jazz qui jalonnent le récit. Les mots de Véronique Biefnot et Francis Dannemark, ces deux auteurs belges de talent, une nouvelle fois réunis après  La route des coquelicots, sont empreints de cette musicalité, de cette nostalgie, de cette poésie. Je vous encourage d’ailleurs, si vous pouvez lire en musique, à découvrir ce texte en écoutant les morceaux cités, pour vous fondre encore un peu plus dans l'ambiance de ce voyage. Ce roman plein de poésie et de tendresse est de ces livres qui font du bien et nous en avons bien besoin en ce  moment. Ce livre est aussi un très bel objet : le texte est accompagné des superbes illustrations de Véronique Biefnot. Mettez-le dans  votre valise pour vos vacances d’été, vous passerez un excellent  moment.

« Parcourant encore et encore les couloirs de la maison, comme s’il allait y croiser autre chose que des fantômes, il finit par s’asseoir au piano. Il laisse faire ses mains, ses doigts, qui frôlent des mélodies et les perdent, s’égarent jusqu’à mimer la pluie qui balaie inlassablement les vitres, tel un  batteur de jazz longtemps après minuit. »

Des mêmes auteurs :  La route des coquelicots : 
http://leslecturesduhibou.blogspot.fr/2015/02/la-route-des-coquelicots.html

2 commentaires:

  1. Joli billet Denis. J'avais adoré aussi

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  2. billet très mélodieux, romantique et délicieux, à lire donc ! merci

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