mercredi 24 février 2016

Souvenirs de lecture 31 : Marie-Hélène Branciard



SOUVENIRS DE LECTURE 31 : MARIE-HÉLÈNE BRANCIARD


Nous avons tous de ces lectures qui nous ont profondément touchées, qui sont comme des madeleines de Proust : on se souvient d’où on était quand on les lisait, du temps qu’il faisait. Il m’a semblé intéressant de savoir quelles lectures avaient marqué les auteurs que nous lisons et en quoi elles avaient influencé leur désir d’écrire. Aujourd’hui c’est Marie-Hélène Branciard qui me fait l’honneur de répondre à mes questions. Je la remercie pour son temps précieux, sa gentillesse et sa disponibilité.



LLH : Quel livre lu dans votre adolescence vous a le plus touché et pourquoi ?


MHB : J'ai beaucoup lu depuis l’enfance. Je me suis plongée avec délice dans les romans de Marcel Pagnol et ses « Souvenirs d'enfance » que je relisais chaque été. Il y a eu aussi « L’Enfant » de Jules Vallès, « Le Petit chose d’Alphonse Daudet », « Oliver Twist » de Charles Dickens, « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe, « La Nuit des temps » de Barjavel,  « Au Bonheur des Dames » et « Germinal » de Zola, « Les hauts de hurle-vent »  d’Emily Brontë, les romans Signe de piste (découverts à la bibliothèque) et notamment la saga du « Prince Éric » de Serge Dalens…
Comme l’écriture par la suite, la lecture était un refuge, elle m’embarquait sur son tapis volant là où rien ne pouvait m’atteindre. Il n’y a pas eu un livre plus important que les autres, c’est la lecture qui est devenue importante et indispensable.
Après les livres d’enfance, il y a eu plusieurs auteurs que j’ai découverts à l’adolescence et qui ne m’ont plus quittée : Patrick Modiano, Françoise Sagan, Scott Fitzgerald…
 S’il fallait en choisir un pour l’emmener sur une île déserte, je prendrais Scott Fitzgerald… Pour ses romans –  « Tendre est la nuit », « Les Heureux et les Damnés » – et surtout pour ses nouvelles, celles du recueil « Un diamant gros comme le Ritz ». J’adore cet auteur,  sa façon de nourrir son écriture de ses fêlures et d’enchanter l’Amérique des années folles et de la génération perdue.


LLH : En quoi ce livre a-t-il eu une influence sur votre désir d'écrire ?


MHB : Je ne sais pas si Fitzgerald a influencé mon désir d’écrire, qui est venu plus tard, avec John Fante, mais j’ai sûrement gardé au fond de moi un peu de sa solitude, de son romantisme et de sa ténacité. Du moins je l’espère…
Le déclic écriture a eu lieu des années plus tard avec « Demande à la poussière » de John Fante, le romancier de « Bandini », le fils d’immigrés italiens qui n’avait qu’un rêve : devenir un écrivain reconnu. Dès que j’ai lu ce livre, j’ai eu envie de foncer en Californie, de me trouver une vieille Remington, de m’enfermer dans une chambre de motel et de décrire Los Angeles, la « triste fleur dans le sable » qu’il a tant aimée… Il fallait que j’essaye d’écrire quelque chose d’aussi  juste, simple, drôle et humain. J’essaye toujours…

LLH : Quelles sont vos dernières lectures coups de coeur ?

MHB : Dans le désordre :
« La Couleur de l'eau » de l'Écossaise Kerry Hudson, son deuxième roman après « Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman ».
Le 2e tome de « Vernon Subutex » de Virginie Despentes.
« Petite louve », un polar de Marie Van Moere.
« Quelqu'un à tuer », un roman d'Olivier Martinelli (qui m’a fait l’honneur d’écrire la préface des « Loups du remords »).
« Le dernier gardien d'Ellis Island » de Gaëlle Josse (que j’ai découvert grâce aux Lectures du Hibou).



Biographie

Née au XXème siècle au Sahara, j’ai vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, j’ai été successivement pigiste pour des magazines de Mode, chargée d'études sociologiques et journaliste. J’ai animé pendant longtemps un site web dédié à l’emploi et à l’environnement.
Aujourd’hui webmaster pour l’association « Des Livres et des Histoires », je participe à l’organisation et à la promotion du Salon du Livre en Beaujolais qui a lieu chaque année à Arnas (69).
Les loups du remords, publié aux éditions du Poutan est mon premier roman.
J'anime un blog dédié au journalisme, au design et à l’écriture, j’écris (au moins une heure chaque matin), je participe à des événements littéraires pour promouvoir mes « Loups »… et je lis…



Encore un grand merci à Marie-Hélène pour sa participation à cette rubrique. Je vous invite à découvrir son excellent premier roman : Les loups de remords publié récemment aux Editions du Poutan. Les titres cités par Marie-Hélène ayant fait l’objet d’une chronique sur le blog apparaissent en couleur et disposent d’un lien intégré vous permettant d’accéder directement à la chronique concernée.

Les lectures du hibou auront le plaisir de recevoir Marie-Hélène Branciard et Norlane Deliz sa compagne de maison d'édition le 26 mars au Biscuit Café Créatif à Neuville sur Saône à 14h30. Je vous parlerai de cette rencontre ultérieurement.




1 commentaire:

  1. Une rencontre bien sympathique. J'ai découvert cette dame, merci

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